Portrait Isabelle de la Touche - artiste peintre et sculpteur suisse

PEINDRE ET SCULPTER POUR MAGNIFIER

Peindre, pour Isabelle de la Touche, est un prétexte à l’exploration. La plasticité de son modelé et la lente déclinaison des « invisibles » surfaces blanches, la conduisent en réalité à reconstruire un espace en trois dimensions, à dépasser largement ce medium, pour se consacrer aujourd’hui, en parallèle, au dessin, à la sculpture, la photographie et à l’installation.

Forgeant son apprentissage dans la copie et les aspects les plus « techniques » du tableau, elle pratique une nature morte inspirée du Mexique, puis quitte résolument la couleur pour approfondir ses représentations dans un patient travail de révélation. Son protocole l’amène à charger la couche picturale, puis l'alléger, puis la rendre transparente, pour à nouveau la densifier jusqu'à atteindre l’intemporel. Sa lente déclinaison des différentes tonalités de blancs, des formes, des lumières, évoque l’utopie d’un infini, une méditation sur le temps et l’espace : une vanité. 

Depuis quelques années, l’artiste entremêle les fils de l’Histoire, de sa propre histoire et des liens qui l’unissent à la compassion vis-à-vis des autres. C'est la raison pour laquelle elle utilise un simple rameau de bois flotté, « sauvé des eaux » sur le lac Léman, qui par sa dimension anthropomorphe, son évocation du caractère grec « Psy » (l’âme), devient une synthèse de ses préoccupations esthétiques et morales.

 


Avec « Hope », elle dégage donc de la nature son caractère profondément fragile. Dans un bronze sans cesse repris, ciselé, patiné, redoré sur ses extrémités, et tiré à différentes échelles, elle nous propose de réparer le temps et la vie. C’est dans cette relation à la nature, au paysage, à la beauté éphémère, qu’elle nous entraine.

 

Là, le manteau neigeux qui enveloppe le monde dans son état transitoire, ici, une simple feuille morte en équilibre dans une toile d’araignée : tout est prétexte à l’artiste pour faire jaillir l’invisible. Dans une poétique du monde, Isabelle de la Touche s’efface et se tient dans un équilibre précaire, entre disparition, affirmation et relais, pour interroger notre propre coexistence avec la nature.

 

BIOGRAPHIE

1962 Naissance à Paris y vit jusqu’à 8 ans (mère mexicaine, père franco-suisse)

1970 Vit à la campagne (exploitation agricole) et près d’un jardin « remarquable » : grand intérêt pour la nature, le dessin d’un jardin et les plantes.

1980 Baccalauréat. Voyage en Inde

1981-1983 Droit à Poitiers puis Paris, cours de dessin 

1984-1987 Bachelor Histoire de l’art 

1984 Stage aux Monuments historiques : utilisation de la chaux, murs, mortiers, crépis…

Traductrice à la conférence de l’Icrom sur la conservation de sculpture :  bronze, pierre ...

1984-1986 Travaille chez Armando Morales, peintre Nicaraguen professeur à la Cooper Hewit NY : préparation des toiles, mise au carreau et première couche des tableaux

1985-1988 Atelier de Recherche Picturale : apprentissage des techniques de peinture : du Fayum à l’acrylique – copies.

1989 vit en Suisse (mariage)

Découvre la puissance de la nature : lac… neige… arpente la montagne en hiver

1991 S’initie à la sculptureCatalogue et restaure une collection de dessins et tableaux anciens

1995-1996 Restructuration d’un jardin pour la mise en espace d’une sculpture

1999 Intervention comme architecte d’intérieur : passion pour les matériaux bruts laissés apparents (béton, dalle ciment, bois de coffrage… ). Etudie et dessine le mobilier : escalier, tables, bancs, commodes…

2003 Voyage en Chine autour de l’encre

2008 Voyage Tibet

2014 Voyage au Japon : fascination pour les jardins, le minimalisme, le raffinement…

2017 Début du travail de la sculpture 

2020 Organisation d’une première exposition en tant que curatrice et artiste

REFLEXIONS

Lumière, matière et pigment, Patrice de Pracontal

Lumière, matière et pigment

Patrice de Pracontal , Editions Gourcuff-Gradenigo, Paris 2008.

Ce livre est L’outil de référence de toute personne s’intéressant à la peinture. Mais au delà de considérations techniques inestimables Patrice de Pracontal est avant tout un peintre et un pédagogue sensible. Il m’a poussé à être présente à l’objet de la peinture, à organiser mes sensations pour essayer de traduire ce qui me touche: à Voir.

 

Yahne Le Toumelin commente mon travail sur la lumière :

 

"Grande noblesse de peinture en paix profonde et silencieuse.

L'amour s'y love."

 

 

Portrait Armando Morales, peintre nicaraguayen

Armando Morales

Ce qui m’a le plus marqué pendant les deux années où j’ai travaillé avec Armando Morales en plus de sa rigueur et don travail acharné,  était sa quête permanente de sensualité dans tout ce qu’il voyait : 

 

"L’œil non seulement voit mais touche, devient un doigt qui vérifie, qui palpe. Une table, une bouteille une orange ont la torpeur de ce qui ne bouge pas, elles font la sieste".

Livre Histoire de l'art, H. W. Janson

Cézanne et Giacometti parlent...

 

"L'art est la révélation d'une sensibilité exquise."

 

"L'art est une religion. Son but est l'élévation de la pensée."

 

"Voir sur nature, c'est dégager le caractère de son modèle.

Peindre, ce n'est pas copier servilement l'objectif : c'est saisir une harmonie entre des rapports nombreux, c'est transposer dans une gamme à soi en les développant suivant une logique neuve et originale."

 

Alberto Giacometti

 

"Je ne sais ce que je vois qu’en travaillant »